Gwangju Biennale, Korea

© Samta Benyahia, Moucharabieh (détail)

Moucharabieh (détail)
Gwangju Biennale 2006, Fever Variations

« …la réflexion sur le lien à l’architecture est au cœur même de sa pratique et plonge ses racines dans les souvenirs de l’enfance. Le patio, cœur intime de la maison, lieu à ciel ouvert et pourtant fermé au monde extérieur, en est l’un des supports. Il est le point de rencontre, cet espace improbable où le monde reste caché, privé, alors que le plafond a la dimension du ciel. C’est aussi le moucharabieh, cet élément ajouré de l’architecture arabe qui laisse filtrer la présence des femmes, alors même qu’elles demeurent invisibles pour l’extérieur. Limite poreuse entre l’intime et le publique, il est ce mur qui laisse passer le regard de l’intérieur : les enfants jouant dans la rue savent ainsi que les mères les regardent ; ils devinent leurs formes, les imaginent. Le moucharabieh, c’est toute l’ombre de la mère restituée par l’imagination, puis, la mémoire. De manière concrète, c’est son modèle que l’artiste utilise dans ses premières peintures : à travers une sorte de châssis ajouré qu’elle appuie sur la toile posée au sol, comme une sorte de gigantesque pochoir, elle peint les trous de couleur, recréant sur l’espace blanc de la toile l’architecture de l’enfance. »

Emmanuelle Amiot-Saulnier, Historienne de l’art, novembre 2011